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S'inscrireVélo de route transformé en vélo de ville par le chemin le plus long


Comme toujours, ouvrez les images dans un nouvel onglet pour les voir en grand
Ce charmant vieux vélo, tout à fait ordinaire, est un microcosme de presque tout ce que fait C&L. À l'origine, c'était un vélo de route des années ‘80, plutôt médiocre, qui a fini par devenir un vélo de ville Raleigh classique, une histoire qu’on voit souvent à notre atelier pour les vieux vélos chéris qui nous sont confiés ! Entre-temps, il a servi de fixie, de vélo d'hiver, a été le premier vélo de mon périple de cyclotourisme, a subi des accidents de voiture et a dû être ressoudé, a été repeint deux fois et remonté d'innombrables fois.
Certains d’entre vous se reconnaîtront dans l’histoire de leur vieux vélo et de ses multiples vies, tandis que d’autres y trouveront peut-être l’inspiration en apprenant à ne jamais gaspiller un cadre ou une pièce. Embarquez avec moi pour l’aventure avec Rossinante!

Le même modèle, dans le catalogue de Norco quelques années plus tard: ils n'ont changé aucune pièce entre 1984 et 1988. Non, j'ai aucune idée de ce qu'est le Tr-Moly. Par contre j'ai vu leurs grands cadres pour géants, ils sont vraiment cool.
À l'origine, j'avais adopté ce vélo en échangeant mon VTT d'adolescent, une vieille machine qui m'avait pourtant procuré beaucoup de plaisir sur les chemins de campagne. Je crois que j'ai payé 130 $ pour ce Norco Monterey de 1984, avec sa peinture brune d'origine, ses roues de 27 pouces, son dérailleur à friction et ses freins lamentables. Ces freins lamentables vont d'ailleurs rester un sujet récurrent pendant un bon moment.
Un bébé Simon dans sa vingtaine sur le vélo en couleur brun original, avec frein lamentable original.
Rossinante était un super vélo ! Il était à ma taille, beau, et faisait parfaitement l'affaire pour me déplacer. Après quelques années à rouler à Montréal, il a commencé à s’user. Je ne savais pas vraiment comment le réparer et j'avais eu de mauvaises expériences avec les magasins de vélos du coin (pas C&L). Un ami avait un vélo à pignon fixe, alors je me suis dit que ce serait un projet intéressant à réaliser avec le mien. J'ai commandé des roues fixie en ligne chez feu un marchand de pièces bon marché britannique, et c'est comme ça que j'ai découvert C&L Cycles : notre irréductible leader, JD, a vu les cartons de roues dans le bac de recyclage devant mon boulot et est venu voir qui avait bien pu acheter des roues ailleurs que chez lui. Il n'avait pas tort, mais on a tous été jeunes et ignorants un jour.
En version fixie, j'ai vraiment exploité ce vélo au maximum ! J'ai exploré toute la ville, fait des sorties à vélo interminables et même commencé à rouler en hiver : une amie avait le même vélo que moi et je l'ai vue partir en pleine tempête de neige. C'est à ce moment-là que les dernières pièces d'origine ont rendu l'âme : les vieux freins monopivot lamentables ne résistent pas bien à un hiver salé.

Chat et sofa habitent encore avec moi. Les sangles de Pedalbelt, tragiquement, ne sont plus des nôtres, étant sur un autre vélo qui s'est fait voler. Désolé Collin, j'aimais tes sangles!
Laura, une amie artiste et très forte cycliste, a commencé à repeindre ses vélos avec la bonne peinture qu'elle faisait passer clandestinement de chez nos voisins du sud. Je lui ai demandé de faire le mien et sa peinture bleue et blanche était magnifique et a tenu des années.
Ce vélo a continué de me servir en hiver et en ville après mon embauche chez C&L et l'acquisition d'un meilleur vélo de randonnée, un Bassi Montréal. Ses différentes histoires de peinture n’ont néanmoins pas ralenti! J'ai décapé la peinture, ciré l'acier pour le protéger et roulé avec le vélo tel quel pendant un certain temps. Inadapté à l'hiver, je l'ai confié à l'entreprise avec laquelle C&L allait collaborer pour le thermolaquage, et Rossinante est devenu le premier cadre thermolaqué sur mesure pour C&L.

De retour à une simple transmission 1x7, avec des pneus Marathon et des garde-boues en plastique, le vélo a trouvé sa place comme vélo de ville. Léger, grâce à son origine de vélo de route, il se montait quand même facilement au troisième étage. Son nouveau guidon plat, ses poignées Ergon et son panier avant, pratiques pour les petites commissions, offraient tous une position de conduite bien plus confortable et droite. C'était en quelque sorte la fin naturelle d'un vieux vélo de route sans pedigree particulier à Montréal. C’était son état quand je l'ai échangé avec un ami proche, qui l'a utilisé comme moi : un vélo de ville facile à déplacer et à attacher, toujours prêt à l'emploi.
Il y a deux ans, j'ai dû l'emmener à JD pour des réparations sur le cadre en acier, une autre tradition pour les vieux vélos du coin ! Les haubans, abîmés par les voitures, la vie et les variations de largeur de moyeu, s'étaient complètement détachées du tube de selle (d'où cet étrange craquement…). Il a fait fondre du bronze et les a recollés sans problème, tout en dégrippant une cuvette de boîtier de pédalier saisie. La peinture jaune sur le cadre, c'est là où j'ai camouflé la rouille et les dégâts de la flamme.

Tout re-soudé et avec un moyeu 3-vitesses Shimano Nexus qui avait déjà fait un peu plus d'hivers qu'il n'aurait dû.
L’an dernier, mon ami avait besoin de place dans son appartement pour d’autres projets et, comme ce n’était pas son seul vélo, il m’a demandé de m’occuper à nouveau de Rossinante. J’ai donc commencé à nous préparer pour un nouvel hiver ensemble !
Étant un des maniaques de vitesses au moyeu C&L, je recherchais un moyeu Sturmey Archer AW vintage depuis environ un an. Vu la production massive de ces moyeux (Raleigh en ont fait des millions), je savais que j'en trouverais un sans trop d’effort. En passant devant une des co-op, je me suis pratiquement donné un torticolis de voir qu'un vieux CCM destiné à la scrap en était équipé, un modèle de 1963 ! Quelques minutes avec mes outils et il était à moi (avec le levier de vitesses). Comme ce vélo avait peu servi, le moyeu était en excellent état. Je l'ai monté sur une roue, l’ai rempli d'huile et suis parti tester sa résistance à l'hiver montréalais. Pour l'instant, tout va bien, et il fonctionne même quand il a fait -20 ° la nuit. Ces vieux moyeux à bain d'huile sont très robustes, même s'ils sont un peu plus sales que les moyeux lubrifiés à la graisse. L'entretien de base est très simple : lorsque vous entendez les cliquetis plus fort, ajoutez une cuillère à soupe d'huile par le trou de lubrification. Elle finira par s'écouler par le côté droit du moyeu, mais j'ai constaté qu'elle fait à peu près pareil que l'huile de chaîne et les saletés de la route qui se déposent habituellement sur les moyeux.


Vous remarquerez peut-être le tout nouveau pédalier Alfine, qui détonne un peu avec le reste du vélo. Il se trouve qu'il était disponible, avec le bon nombre de dents, au moment où les manivelles de mon ancien pédalier ont commencé à se détacher. C'est malheureusement le signe que les manivelles sont finies pour vrai. Avec ce plateau de 42 dents, le moyeu SA offre un développement très confortable ! Il est déconseillé de descendre en dessous d'un rapport de 2:1 avec le pignon sur les AW, par risque d'endommager les composants internes, mais ce rapport est justement idéal pour la ville. On a un développement intermédiaire qui permet de rouler à une bonne vitesse de croisière, même par temps de slush, d'une basse vitesse adaptée aux côtes de la ville (faut choisir les bonnes) et d'une haute vitesse pour les faux plats et le vent dans le dos.

Un guidon court et remonté comme celui-ci ou un style North-Road est vraiment idéal en ville. Sa prise est naturelle pour monter et descendre du vélo, et la position relevée permet une bonne visibilité. Non-négociable: il est parfaitement maniable même avec des gants.

Le panier Wald, le modèle 1372, est plus lourd que d’autres mais aussi plus réglable et se suffit à lui-même. Un panier fixé au porte-bagages me permettrait de transporter plus de cargo, mais celui-ci est amplement suffisant pour tous les jours. Son réglage plus ajustable le rend super rapide à installer.

Garder le vélo le plus cheap possible tout en l'équipant d'un éclairage à dynamo s'est avéré plus complexe. J'ai finalement trouvé une dynamo à pneu sur eBay (neuve, on en trouve encore, mais pas grand monde se donnent la peine de les importer) que j'ai pu installer sans avoir à refaire la roue avant. Une dynamo de moyeu est sans aucun doute plus efficace et pratique, mais pour une modification rapide et simple, ça fait l'affaire. Le câblage est super niaiseux, j'aurais juste préféré un support adapté plutôt que des colliers de serrage pour la dynamo. Quant à la lampe, elle utilise le support Blue Lug/Nitto, parfait, fiable et d'une précision irréprochable !



Le dernier point important, c'est juste pour le fun. Évidemment, il faut des garde-boue en hiver, sinon on se retrouve avec de la neige fondue dans les bottes, et au pire, du sel partout. Mais imaginez s'ils n'étaient pas de la couleur métal classique ! On vend de la peinture en aérosol super facile à utiliser, spécialement conçue pour les vélos, alors j'ai pu donner un look, mettons, unique au mien.
Les garde-boues sont de Vélo Orange. Réputés pour leurs excellents garde-boues en aluminium, à la fois robustes et durables, ils en proposent également en acier inoxydable ! L’idée est d’offrir des garde-boues plus résistants aux chocs pour les vélos où le poids importe peu, comme les vélos de ville. Les versions en inox sont disponibles en 700 x 45 mm ou 26 x 60 mm, justement des tailles idéales pour les conversions populaires de vélos de ville (anciens vélos de route des années 80 et anciens VTT des années 90).


Pour les peindre, c'était super rapide : un léger ponçage, puis une couche d’apprêt suivie de la couleur. Le lendemain, une fois le tout sec, j'ai appliqué du vernis Keirin Flake (ça scintille au soleil!) et c'était terminé. Après deux jours de séchage, ils étaient prêts à être montés. Le dégagement est certes limite avec le pneu avant clouté de 700 x 30 mm, mais à jouer un peu des coudes, ça a fonctionné.

Nous voici donc enfin arrivés à Rossinante d’aujourd’hui : le parfait vélo de route anonyme des années 80, sans grande spécificité, transformé au fil des décennies par des améliorations fonctionnelles en ce qu’on peut trop facilement prendre pour un vélo de ville vintage. Ce printemps, il retrouvera ses pneus normaux, mais rien d’autre ne changera pour ce vieux vélo facile à attacher en ville, mais suffisamment agréable à conduire que j’ai toujours envie de faire un tour dans le quartier avec.
Vous avez peut-être un vieux vélo comme celui-ci qui est bon pour la retraite : offrez-lui un peu d’amour pas trop cher et continuez à rouler ensemble, vous ne le regretterez pas.


Comme toujours, merci à notre cher Troy d'avoir pris ces belles photos dans la neige.