La Bicyclette en Hiver
Les hivers Montréalais ont mauvaise réputation. C'est énervant conduire et stationner (qu'on me dit) et c'est traître quand on est à pied et qu'il y a de la glace et de la slush partout. Par contre, la bicyclette reste relativement facile, et c'est excellent pour le moral! Oui, ça demande un peu plus d'effort physique que de rouler par une belle soirée d'été, mais cet effort améliore les humeurs noires, et en bicyclette toutes les destinations sont un peu plus près. Il y a trois volets qu'il faut ajuster pour rendre le cyclisme d'hiver plus facile: Adapter sa bicyclette à la nature S'habiller en conséquence Choisir un chemin agréable Adapter sa bicyclette Premièrement, ça prend vraiment des garde-boues ! La slush salée qui vole partout va user rapidement les pièces et les vêtements, et les pneus qui envoient directement la neige dans le dessus des bottes c'est vraiment désagréable. Ensuite il faut penser aux pneus qu'on va installer. J'ai roulé certaines années avec des pneus larges et souples, d'autres années avec des pneus à clous. Les pneus larges peuvent être bien quand on a de la neige bien fraîche, mais c'est un peu louche dans les virages et sur la glace. Mettez des pneus à clous, moi aussi j'en remets cette année. Puis, il y a toutes les pièces de votre bicyclette. Il faudra graisser tout ce qui pourrait souffrir de la crotte qui est sur les rues, sinon ça risque de saisir: les pivots de dérailleurs et de freins, toutes les vis, et même les roulements à bille de la direction et du pédalier. On ne devrait pas avoir à graisser les câbles, mais ça se peut qu'ils gèlent si on les laisse dehors. La condensation est sans merci. Ce n'est pas vraiment si cher de remplacer les câbles et la gaine à la fin de la saison, ou même deux fois si on fait beaucoup de kilometrage. Et vous avez déjà des lumières, j'espère. Dites-nous si vous voulez un système de lumières à dynamo, mais les lumières modernes avec piles au lithium sont très fortes et fiables, on n'a qu'à les recharger plus souvent en hiver qu'en été (il fait plus sombre, et le froid diminue la capacité des piles). Bien s'habiller Ou adapter son corps, c'est pareil. Ce qui est pratique avec le cyclisme, c'est qu'on travaille son corps plus fort que si on marchait, alors on fait bien plus de sa propre chaleur ! Il faut donc moins s'habiller que d'habitude. Ça aide si on ne pense pas aux premières minutes de cyclisme, quand on est encore en train de se réchauffer, mais plutôt à la fin du trajet, quand on risque de commencer à suer. Ça aide d'avoir plusieurs couches légères, pour pouvoir en enlever quand on a chaud. Ma grosse doudoune ne sort qu'après -15° (ignorant le facteur vent), donc seulement quelques jours par hiver à Montréal. Le reste du temps, c'est la laine, le chandail et le manteau léger. Des combines en laine ça aide toujours, et les meilleures viennent de Nouvelle-Écosse, faites par Stanfield's. On ne les vend pas mais elles sont faciles à trouver. Ce qui donne froid, cependant, c'est le extrémités qui sont plus exposées au vent: les pieds, les mains et le visage. Un foulard et un passe-montagne, des grosses mitaines (pas de gants!) ou cache-guidons (Bar-Mitts), et des bonnes bottes de marche isolées ou des bottes de motoneige (avec les bas en laine mérinos invincibles de Darn Tough) vont améliorer votre confort tous les jours. Gardez vos souliers à cales automatiques pour les belles journées de printemps. Et si il fait vraiment trop froid, sentez-vous à l'aise de sauter une journée ! Travaillez de la maison, prenez le métro, ou bien emmitouflez-vous et prenez une grande marche. Personne ne vous demande de risquer une engelure. Choisir un chemin C'est là qu'il faut user de sa créativité. À moins que vous soyez bien chanceux.se, le chemin que vous empruntez l'été ne sera probablement pas entièrement déneigé ni sécuritaire. Mais tout de même, de plus en plus de pistes cyclables sont bien nettoyées en hiver, parfois même avant la rue qu'elles partagent. C'est certainement le cas de la piste de la rue Rachel devant notre magasin. Les voies partagées hors-rue sont malheureusement trop enneigées et glacées pour être pratiques, mais les petites rues résidentielles peuvent être agréables une fois déneigées ou pendant une nouvelle neige douce. Attention à la neige bien tassée et à la glace cachée, et tenez-vous toujours loin des portières ! Cet hiver sera le premier où on aura la chance d'essayer le nouveau Réseau Express Vélo (REV), installé Est-Ouest sur la rue Bellechasse et nord-sud sur Saint-Denis. La Ville a dit vouloir entretenir le REV tout l'hiver, mais d'expérience ça risque de prendre un peu plus longtemps quand il y a une grosse bordée de neige. Il y a sûrement aussi d'autres pistes ici et là qui vous seront utiles: explorez bien vos quartiers ! Les cyclistes de Pointe-Saint-Charles et Verdun, désolé, je n'ai jamais trouvé un bon chemin pratiquable en hiver. Dites-moi si vous en trouvez un. Photo principale gracieuseté du gars ben chill, Jonathan Chhun
Pour toujours avoir un parfait passage de vitesses
Chez C&L, quand on voit un problème sur un vélo, on essaie de penser à des solutions qui ont fait leurs preuves. Cette semaine, un collègue m'a lancé « toi, tu crois juste aux vélos que les frères Wright auraient pu réparer ». Bon, JD exagérait mais c'est quand même vrai que les bicyclettes n'ont pas tant changé depuis le début du siècle dernier. On lance des nouvelles pièces, on fait des promesses de révolution technologique, mais l'essence d'un vélo moderne n'a pas changé et un.e mécano du 20e siècle y reconnaîtrait presque toutes les pièces. Si vous visitez C&L et que vous parlez à Samuel de vos problèmes de vitesses, que ce soit leur inconstance, leur inconfort ou simplement leur manque de limpidité, il risque de vous guider vers une solution surprenante: les leviers de vitesses à friction. Il s'agit d'une façon simple et fiable de réparer un vélo, mais ceux qui l'essaient s'habituent très rapidement et souvent insistent pour en avoir sur leur prochaine bicyclette. En plus, tous les mécanicien.ne.s des huit dernières décennies les reconnaîtraient immédiatement. Ils ont fait leurs preuves. Qu'est-ce qu'un levier à friction? Si vous passez dans n'importe quel vélociste aujourd'hui (incluant chez nous), les bicyclettes que vous pourrez tester auront tous un système de vitesses « indexé ». Le dérailleur, qui fait danser la chaîne sur les pignons, répond aux instructions du levier de vitesses, transmises via le câble de vitesses. Quand on bouge le levier, on tire sur le câble ou on le relâche pour que le ressort du dérailleur le fasse revenir. Le levier est « indexé » avec un mécanisme qui garde en place le câble lorsque celui-ci a suffisamment bougé pour tasser le dérailleur exactement de la distance d'un pignon. Pour vous, ça veut dire que vous bougez le levier d'une position (d'un clic) et la chaîne bouge sur le prochain pignon. C'est le passage de vitesses indexé: facile pour le débutant mais opaque dans son fonctionnement, et si il y a un bris mécanique, on ne peut pas passer correctement de vitesses tant que la pièce n'est pas remplacée. Les leviers de vitesses ont longtemps été bien plus simples: vous bougez le levier, le dérailleur bouge avec et vous arrêtez quand vous avez atteint la vitesses que vous visez. Aucun clic, aucun mécanisme pour garder en place le câble, c'est par la friction qu'exerce la vis qui tient le levier sur la bicyclette. Quel rapport avec les pièces modernes? Les leviers à friction, aussi, se sont améliorés avec le progrès technologique. Simplex, en France, ont lancé leur levier « RetroFriction » dans les années '70, avec un simple ressort pour rehausser la précision du mouvement. Feu SunTour ont pris la relève au Japon avec un mini-cliquet, et aujourd'hui la version produite par Dia-Compe à Taïwan avec Rivendell aux É.-U. représente le meilleur de cette vénérable technologie devenue plus précise et fiable avec le temps. On en trouve aussi des versions mises à jour: pour les transmissions à 11-vitesses, il suffit d'avoir un barillet plus large au levier afin de tirer le câble un peu plus loin quand on bouge le levier. D'autres marques font des leviers convertibles entre friction et index. Les leviers à friction sont presque universellement compatibles. Prenez le dérailleur, la cassette, la chaîne que vous voulez. Mélangez-les, utilisez 8-vitesses une fin de semaine et 11-vitesses l'autre. Mettez les leviers au cadre comme le faisaient les coureurs jusqu'en 1990, mettez-les à la potence comme sur votre vieux Peugeot, mettez-les aux bouts du cintre comme les cyclotouristes le font depuis toujours, mettez-les au guidon droit comme sur un VTT classique. On en fait comme on veut, et on laisse ainsi tomber les stress et soucis de compatibilité. C'est libérateur! Nous recevrons bientôt un renouvellement de nos stocks Dia-Compe, avec plusieurs modèles de leur superbe levier à friction, dont des leviers au cadre, aux bouts de cintre, et un modèle spécial pour transmissions 11-vitesses. En même temps, nous aurons leurs beaux leviers de freins, quitte à avoir de la classe en pièces classiques. De plus, sur notre Bassi Montréal version III, nous comptons offrir un montage de randonnée et cyclotourisme sportif, avec des leviers en bout-de-guidon du fabriquant Microshift. Bien que nous ne voulons jamais forcer quiconque à utiliser des leviers à friction, nous voulons offrir le choix, alors nous allons importer un levier spécial convertible vitesses/friction pour l'été 2021. Et en passant, tous nos Bassi en acier ont des attaches au cadre pour les leviers traditionnels à friction ou index. Vous essaierez ça, je pense que vous allez apprécier la simplicité, la limpidité et l'élégance de cette technologie classique.

